Faut-il une grosse communauté pour être légitime ?

Les réseaux sociaux sont la vitrine du succès d’un blog. Mais peut-on se sentir illégitime d’avoir un blog quand on a une petite communauté ?

Ces derniers mois j’ai souvent vu des articles circuler sur le syndrome de l’imposteur. J’en suis arrivé à me demander si je ne souffrais pas de ce syndrome en ce qui concerne le blog.

Pour information, le syndrome de l’imposteur c’est se sentir illégitime, indigne de ce que l’on a, de ce que l’on reçoit, des réussites. Il faut bien avouer qu’avec le peu de confiance que j’ai en moi, et surtout en mon travail, je pourrais ne pas me sentir à ma place. Me dire qu’il y a eu erreur sur la personne.

Mais le problème peut aussi être pris à l’envers. Et si j’étais bien là où je suis censé être. Mais que ce sont les autres, les partenaires qui ne prenaient pas en compte les bons paramètres ? Peut-on se sentir légitime, et crier haut et fort que l’on est blogueuse, même avec une petite communauté ?

Faut-il une grosse communauté pour être légitime ? - Envies et Blabla

La taille d’une communauté, un indicateur qui fausse le jugement

Très longtemps je me suis demandé ce qui n’allait pas chez moi. Qu’est-ce que les autres avaient de plus pour réussir avec leur blog ? Encore aujourd’hui il m’arrive de me sentir moyenne, de me demander pourquoi je m’acharne à passer des heures sur le blog. Pour au final, atteindre difficilement les 1500 visiteurs par mois. En fait c’est là qu’est le problème : ce sont ces maudits chiffres.

Ils sont comme une note à l’école que l’on prend comme une punition, ou que l’on ne trouve jamais assez haute malgré le travail fourni. Bien souvent ce sont sur ces chiffres que se basent les potentiels partenaires. Ces statistiques font d’une personne une influenceuse, ou non. Quand on n’entre pas dans les cases numériques, on est rapidement relégué aux oubliettes. Alors même que le travail déjà fourni, et celui à venir, n’est pas moins qualitatif que les influenceurs de renom.

Il m’arrive d’être payé pour rédiger un article sur le blog. Dans la majorité des cas on m’a imposé le tarif en fonction de mes statistiques. Et il s’avère toujours inférieur à ce que j’aurais demandé. Pourtant je peux vous assurer que je ne suis pas gourmande, et que cela m’a pris du temps de fixer le bon prix. C’est comme si vous alliez à la boulangerie ou chez le coiffeur, et que vous fixiez vous-même le prix à payer en fonction du nombre de clients dans la boutique. Pourtant j’accorde le même soin pour tous les articles de mon blog. Je fais attention aux titres, aux mots-clés, à la mise en page, aux photos.

Il est vrai qu’à mes débuts j’ai fait des erreurs qui ont nui à mon référencement, et inéluctablement à mon taux d’audience. Mon irrégularité sur les réseaux sociaux est aussi une des causes pour laquelle j’ai une petite communauté, qui influe peu sur mon trafic. Cependant, la moitié de mes visites mensuelles sont « organiques ». C’est-à-dire qu’elles viennent directement du principal moteur de recherches, Google. Ce qui me semble être un très bon indicateur pour dire que mon travail porte ses fruits, et qu’il promet un avenir meilleur. Bien que je n’aie pas encore réussi à développer une importante communauté.

Les statistiques, un indicateur qui fausse le jugement - Envies et Blabla

La présence sur les réseaux sociaux ne fait pas tout

Il va de soi que si j’arrive à booster ma visibilité sur les réseaux sociaux, je pourrais sensiblement augmenter mon nombre de visites. En créant une communauté je peux même espérer avoir des lecteurs assidus. Mais en réalité combien d’utilisateurs cliquent sur les liens vers les blogs ? Les utilisateurs des réseaux sociaux aiment consommer sur place et rapidement. Ce n’est pas par hasard qu’il y a de moins en moins de commentaire sur les blogs. Il est beaucoup plus facile de liker une photo ou une vidéo sur Facebook et Instagram.

Cependant l’espérance de vie d’un post sur les réseaux sociaux est très faible. La durée de vie d’un post sur Twitter est de 18 minutes, 5 heures pour Facebook et 21 heures pour Instagram (source Statista). Alors qu’un article de blog reste, et peut ressortir à tout moment sur les moteurs de recherche. C’est pourquoi il est important de prendre soin de son référencement. Je me félicite et me sens légitime avec mon blog grâce à cet indicateur, même si je n’ai pas une énorme communauté.

Un référencement naturel que je peux encore améliorer en retravaillant d’anciens articles, qui ne respectent aucune règle dite de SEO. Mais aussi grâce au travail fourni avec les prochains articles. D’autant que de manière générale j’essaie d’écrire sur des sujets intemporels. Le contenu de la BIOTYfull Box de juillet dernier n’intéresse sûrement pas grand monde. Mais des articles comme Célébrer la Saint Valentin sans dépenser 1 euro ou Pourquoi j’ai décidé d’ouvrir un blog (où je parle de mes erreurs et de l’importance de rester soi-même) apportent des informations, un témoignage qui durent dans le temps.

Il y a un article assez personnel qui fait partie des plus performants malgré le temps qui passe. Dans l’article Je ne veux plus être mère, je partage mon expérience sur la difficulté d’être maman, et du droit de parfois vouloir jeter l’éponge. C’est un article qui a été souvent lu grâce à des recherches Google. Ce n’est en rien la taille de ma communauté qui joue un rôle sur son succès.

La présence sur les réseaux sociaux ne fait pas tout - Envies et Blabla

Une grosse communauté vaut-elle mieux qu’une petite ?

D’un point de vue statistique il peut sembler logique de dire qu’une grosse communauté rapportera plus. Evidemment plus les chiffres sont gros au compteur, plus le nombre de personnes touchées est censé être gros. Mais est-ce vraiment qualitatif ?

La polémique grossit de plus en plus autour de l’achat de likes par des influenceurs aux milliers d’abonnés. Sans parler que certains d’entre eux se comportent davantage comme des panneaux publicitaires. L’influence est devenue un véritable business, avec ses bons et ses mauvais aspects.

Au quotidien, dans la vraie vie, on influence tous quelqu’un à un moment donné. Le nouveau sac que vous vous êtes offert plaira sûrement à votre meilleure amie, ou à votre voisine, qui aura très envie d’avoir le même. Le dernier appareil électroménager dans lequel vous avez investi fera probablement craquer votre mère ou votre soeur. Je pourrais vous donner une infinité d’exemples de ce genre, car nous sommes tous influents à différentes échelles.

Avoir une petite communauté c’est l’assurance d’avoir des abonnés qui s’intéressent vraiment à ce que l’on partage. D’ailleurs le taux d’engagement (nombre de personnes qui ont interagi avec une publication par rapport au nombre total de personnes qui ont vu cette dernière) d’un micro influenceur est souvent supérieur à celui d’un influenceur de renom. C’est aussi la promesse d’un contact plus humain. Même si je reconnais que de « grandes » influenceuses restent très accessibles, comme de plus « petites » influenceuses prennent rapidement le melon. Les scientifiques vous diront que « c’est l’exception qui confirme la règle ».

Petite ou grande communauté ce ne sont pas les chiffres qui doivent dire si on est légitime ou non. Mais le travail bien fait et de qualité, est l’élément majeur à prendre en compte.
Vous sentez-vous parfois illégitime dans un domaine ?

Faut-il une grosse communauté pour être légitime ? - Envies et Blabla

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  • Sophie Ogresse
    7 mars 2019

    Comme je te remercie pour ce billet. Je l’ai souvent ce syndrome de l’imposteur alors que je blogue depuis 10 ans, par manque de confiance en moi sans doute mais aussi de part les chiffres. Quand on va à un événement blog par exemple et que l’on rencontre quelqu’un de nouveau direct souvent la personne va regarder sur instagram pour déterminer si ça vaut la peine ou non de nous accorder du temps… ça me désespère ! J’ai pris pas mal de recul depuis plusieurs mois pour revenir à l’essentiel… oublier tout ça et me concentrer sur le but premier du blogging: le partage. Je revis. Mais je t’avoue quand je vois des personnes se pavaner ou obtenir des partenariats de folie alors que l’on sait que leurs techniques ne sont pas nettes ça me rend dingue

    • Elodie
      8 mars 2019

      Je suis ravi si cet article peu servir, et déculpabiliser les blogueuses qui n’explosent pas les scores avec leur communauté.
      On se retrouve malheureusement dans un monde surréaliste où tout est décuplé, alors que la blogo peut réserver de belles surprises.

  • Picou
    8 mars 2019

    C’est un excellent article sur un point que j’estime très important également de mon côté. D’un point de vue marketing je pense que les marque font une erreur colossale en négligeant autant les petites communautés dans l’engagement et pourtant bien plus fort et au final à mon sens plus efficace pour se créer une image qualitative… reste que la plupart des marques utilisent l’influence comme un levier de notoriété et pour ça forcément il faut du chiffre avant tout. Après je crois sincèrement que ça ne veut rien dire – d’une part parce qu’on peut avoir des milliers d’abonnés mais dont aucun n’ira cliquer le blog, ou inversement une petite communauté comme la mienne, mais par contre très active sur le blog même si sur cet outil précis il n’y a pas vraiment d’indicateur visible.

    • Elodie
      8 mars 2019

      Merci pour ton compliment, et ton commentaire qui apporte un point de vue complémentaire.

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